Renvoi des troupes gabonaises de RCA : Des enquêteurs centrafricains évoquent « un règlement de compte »

0
178

Suite au renvoi des troupes gabonaises de la République centrafricaine, un groupe de journalistes centrafricain a ouvert une enquête. Ils remettent en question la thèse officielle avancée par les nations unies. Pour ceux-ci, les troupes gabonaises ne se seraient pas rendues coupables d’exploitation et d’abus sexuels. Elles seraient plutôt victimes de « machination » et d’un « règlement de comptes ».

Ces derniers jours, les médias centrafricains ont multiplié des révélations troublantes. En effet, des enquêteurs gabonais ont été désignés 48h après la communication de l’Onu. Ils ont été désignés par le ministère gabonais de la défense pour faire la lumière sur les allégations d’exploitation et d’abus sexuels évoquées par les nations unies. Dans leurs enquêtes, ces derniers ont eu le plus grand à mal à recueillir le moindre témoignage des cinq filles prétendues victimes. Dans les localités ciblées, notamment à Alindao et Mobaye les enquêteurs ont souhaité rencontrer les présumées victimes. La délégation gabonaise « se serait heurtée à une fin de non-recevoir catégorique de la Minusca, de l’Unicef et des ONG. Ces derniers auraient rapporté les faits à travers des enregistrements audios qu’ils détiennent et ne veulent pas communiquer », a indiqué le quotidien l’Expansion dans un article daté du 23 septembre dernier.

Le journal centrafricain est réputé pour sa rigueur et son professionnalisme. Ce dernier indique que « la délégation gabonaise a rencontré toutes les personnes représentant l’administration. Notamment les représentants des ONG, l’administration judiciaire et médicale impliqués dans l’affaire. Ces derniers disent avoir été informées par voie médiatique. Ils déclarent tous n’avoir pas constaté ni entendu des plaignants au regard des allégations formulées « .

Sur la base de ces révélations, les médias centrafricains soupçonnent  en réalité une « manipulation » . Certaines ONG sur place s’en seraient rendues complices à leur insu. Cette hypothèse corrobore le point de vue majoritaire au sein de la classe politique centrafricaine. Ce retrait pour cette dernière serait un possible règlement de compte motivé par les bonnes relations qu’entretient le Gabon avec la Russie. Il émane aussi de la volonté récente du Gabon d’adhérer au Commonwealth. Une décision qui aurait bouleversé les équilibres géopolitiques en Afrique centrale.

 

Leave a reply